« Temporalités des œuvres d’art »
Le partage de Lessing entre arts de l’espace et arts du temps ne doit pas se comprendre comme une éviction de la dimension temporelle dans l’expérience que nous faisons des œuvres plastiques. Ainsi la simultanéité de l’image picturale n’empêche-t-elle pas le déploiement d’une temporalité narrative qui sollicite l’imagination du spectateur et que travaille notamment la peinture d’histoire. Pour autant, il y a de profondes différences entre le temps de la contemplation d’un tableau et les temporalités de l’acte de lecture ou de l’écoute musicale. De même, il s’agit de ne pas confondre la synchronicité d’un présent partagé entre acteurs et spectateurs lors d’un spectacle vivant avec l’image-temps d’une œuvre cinématographique. Il existe en effet des temporalités plurielles qui se dégagent de l’expérience des œuvres d’art selon leur médium d’appartenance, selon leurs agencements internes et selon la relation tissée à leur environnement. Des œuvres éphémères aux œuvres durables, ce cours envisagera selon une double approche, poïétique et esthétique, les déclinaisons de la durée des œuvres, ainsi que leurs temporalités enchâssées.
Bibliographie indicative :
ARENDT, H., Condition de l’homme moderne, trad. G. Fradier, Paris, Calmann-Lévy, 2002. BACHELARD, G., L’Intuition de l’instant, Paris, Livre de Poche, 1994.
BERGSON, H., Essai sur les données immédiates de la conscience, Paris, PUF, 2003.
DIDI-HUBERMAN, G., Devant le temps, Histoire de l’art et anachronisme des images, Paris, Les Éditions de Minuit, 2000.
HEGEL, G.W., Esthétique, tr. C. Bénard, Paris, Livre de Poche, 1997.
JANKÉLÉVITCH, V., L’Irréversible et la nostalgie, Paris, Flammarion, 2011.
LESSING, G. E., Laocoon ou des frontières de la poésie et de la peinture, trad. A. Courtin, Paris, Hermann, 1990.
- Enseignant: Gaelle Periot