Dans ses premiers essais romanesques qui recourent abondamment au pastiche (Les Effets surprenants de la sympathie, 1713-1714), ou à la parodie (Pharsamon ou les Nouvelles folies romanesques, vers 1712 ; Le Télémaque travesti, 1714), Marivaux s’est donné pour objet de conduire une réflexion critique sur les pouvoirs du romanesque et de la fiction. On fera ici l’hypothèse que cette dimension réflexive et métafictionnelle, pour être souvent plus discrète, n’en est pas moins une dimension essentielle de son théâtre : D’Arlequin poli par l’amour (1721) aux Acteurs de bonne foi (1748), en passant par les deux Surprises de l’amour, La Double Inconstance,  L’Île des esclavesLe Jeu de l’amour et du hasardLa Dispute, etc., le théâtre de Marivaux a multiplié les effets de “mise en abyme”, développant non seulement la thématique traditionnelle du “théâtre dans le théâtre”, mais, de manière plus originale, laissant se déployer une “dramaturgie interne” qui accorde aux “meneurs de jeu” un rôle bien plus riche et complexe que ne le faisait la tradition italienne du “fourbe” Scapin ou du guido maestro. On s’intéressera aussi à l’analyse de l’amour et des relations sociales comme  “comédies” que les êtres se donnent les uns aux autres.

Le séminaire s’appuiera notamment sur les œuvres suivantes : Arlequin poli par l’amour ; La Surprise de l’amour ; La Double Inconstance ; La Fausse Suivante ; L’île des esclaves ; L’île de la raison ; La Colonie ; La Seconde Surprise de l’amour ; Le Jeu de l’amour et du hasard ; Le Triomphe de l’amour ; Le Petit-Maître corrigé ; La Dispute ; Les Acteurs de bonne foi.