Si nous écoutons trois extraits, Erlkönig (1815) de Franz Schubert (1797-1828), Tapiola (1926), de Jean Sibelius (1865-1957) et Professor Bad Trip Lesson 1 (1998) de Fausto Romitelli (1963-2004), quelles différences peut-on remarquer ? Comment peut-on comprendre un tel changement et de quel changement s’agit-il ? Quels termes peut-on employer pour les décrire ? 

Dans le parcours que nous mènerons nous tenterons de répondre à ces questions en étudiants un répertoire musical, savant en particulier, réalisé à partir de 1945, date charnière pour le siècle dernier. La date de fin de la dernière guerre mondiale sert de date symbolique pour collecter un ensemble de réflexions concernant l’esprit de cette époque, caractérisée par des armes de plus en plus puissantes, une « guerre froide » permanente, et la peur de la fin du monde à cause des êtres humains, la bombe atomique[1] ou le changement climatique[2]. Si la question des matériaux musicaux a caractérisé une première phase de l’après-guerre, marquée par la puissante analyse de Theodor Adorno[3], à partir des années 1980 le paysage a progressivement changé de style et de thèmes. Ce changement est dû à la l’essoufflement des idéologies politiques et aussi au changement des recherches en musique qui caractérise aussi les protagonistes des avant-gardes comme Karlheinz Stockhausen (le projet Licht), Luigi Nono (par ex. la pièce Sofferte onde serene, pour piano et électronique) et Pierre Boulez, notamment Répons[4]. Les traits caractéristiques de ce parcours peuvent être observées dans la transformation des langages musicaux propres aux évolutions techniques et sociales qui les concernent. Différents axes peuvent caractériser une réflexion sur la fin du XX siècle et le début du XXI. Nous allons penser principalement aux aspects suivants, sans pour autant renoncer à en évoquer d’autres :

 

La technologie :

Techniques d’enregistrements (studio)

Transformations des sons ;

Numérique ;

Nouveaux instruments ;

L’acoustique et la psychoacoustique ;

Conscience des faits sonores ;

Synthèse sonore numérique ;

Analyse de la scène auditive et écologie ;

Les instruments, les nouvelles techniques instrumentales et les nouveaux paradimes :

Techniques étendues ;

Musiques concrètes instrumentales et spectralismes ;

Installations et artivisme ;



[1] Günther Anders, L’obsolecence de l’homme. Sur la destruction de la vie à l’époque de la troisième révolution industrielle, vol. 1, trad. par Christophe David (Ivrea, 2002).

[2] Timothy Morton, Ecology without Nature. Rethinking the Environmental Aesthetics (Harvard University Press, 2007).

[3] W. Theodor Adorno, Philosophie de la nouvelle musique (Gallimard, 1962).

[4] Jean-Jacques Nattiez, Le combat de Chronos et d’Orphée (Christian Bourgois Éditeur, 1993).