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Dans Fusées, Baudelaire en vient à déclarer, non sans esprit de provocation, que « le plus parfait type de la Beauté virile est Satan – à la manière de Milton. » Il y a bien ainsi une réinvention romantique de Satan, qui proclame que Lucifer n’est pas entièrement déchu de son ancienne splendeur, et qui n’est pas loin d’inciter à prendre le parti du diable, allié de l’homme révolté, contre Dieu, à la suite d’une série de textes séminaux qui orchestrent la réhabilitation paradoxale de l’archange déchu : le Paradis perdu de Milton dans la traduction de Chateaubriand, le Caïn de Byron, l’Éloa de Vigny, le Faust de Goethe dans la traduction de Nerval. C’est donc aux métamorphoses romantiques de Satan que nous nous intéresserons, à la suite du livre classique de Max Milner, qu’il soit montré en personne ou qu’il s’agisse seulement de laisser entrevoir le « Lucifer latent » qui gît en chacun, comme dans Les Diaboliques.

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