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Partant des apports décisifs des visuals studies, et plus particulièrement de Hans Belting (Images et culte) et de David Freedberg (Le pouvoir des images), ce cours s’attachera à comprendre les réactions plus ou moins intenses qu’ont pu susciter les images – adoration, contemplation, jouissance, collecte, spéculation, méfiance, colère, censure, destruction – dans un contexte de transformation du rapport à l’art dans l’Europe occidentale du xvie au xviiie siècle. Il s’agira de cerner les relations d’ordre physique, émotionnel, intéressé, ou intellectuel, qui émergent des contacts du public avec les œuvres. Le comportement nouveau de la modernité face à l’objet « tableau » sera au centre du cours. Toutefois, ce dernier dépassera les catégories opposant œuvres d’art et imagerie. En effet, s’émanciper de la perception hiérarchique et esthétique de la production visuelle autrefois privilégiée par l’histoire de l’art est nécessaire pour mettre en lumière la variété des manifestations provoquées par les images durant la période moderne.

À travers quatre séquences consacrées à des « cultes » associés aux images (culte religieux, culte de l’art, culte de l’argent et culte de la violence), le cours explorera notamment la façon dont les institutions et les puissances politiques, religieuses ou économiques ont favorisé, contrôlé, empêché, voire ont été dépassées par tels ou tels comportements du public face aux images. Les séances s’articuleront autour de deux pôles « extrêmes » : la tension entre les réactions de possession et de destruction des images ; le collectionnisme et l’iconoclasme pouvant se comprendre comme les deux faces d’une même médaille. À l’heure où un quotidien saturé d’informations visuelles influence notre manière de voir le monde, une réflexion sur l’histoire du pouvoir et des effets des images visera, en retour, à éclairer notre rapport contemporain à celles-ci.

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