Feminist Voices - Chapitre 2

Feminist Voices - Chapitre 2

par Faustine Bruckert--Demozay,
Nombre de réponses : 0

De 1949 à 1978, s’habiller humblement est nécessaire pour manifester son identification avec les masses. L’intérêt pour la mode est perçu comme “bourgeois” et “contre-révolutionnaire”. La manière qu’une femme a de se vêtir est directement associée à la morale et à la sexualité : une femme qui se pare est considérée comme sexuellement débridée et moralement dégénérée.

Avec l’ouverture internationale de la Chine, les années 1980 marquent un changement radical tant sur le plan de l’apparence que sur celui de la sexualité féminines.

D’une part, la mode est désormais envisagée comme un acte de libération, d’émancipation ainsi que comme un signe d’élévation du niveau de vie, preuve indirecte du succès des réformes économiques. Cependant, cette nouvelle valorisation de la beauté féminine, qui semble offrir aux femmes une plus grande liberté d’expression, instaure en réalité de nouvelles normes de conformité, orientées vers la satisfaction du regard masculin et la préservation de l’identité nationale face aux influences étrangères.

D’autre part, dans le même temps, l’éducation des adolescents à la chasteté cède la place à une approche plus physiologique, adaptée aux croyances et conditions sociales de la Chine, largement rurales. Les parents sont encouragés à rompre leur silence habituel, tandis que le corps professoral assure une instruction à la fois formelle et informelle. Néanmoins, l’apparition de cautionary tales, qui rappellent l’éducation à la chasteté, maintient une responsabilité genrée du contrôle sexuel.

La valorisation de la beauté et la nouvelle éducation sexuelle peuvent-elles être comprises comme une forme de rejet des expériences de la Révolution Culturelle ?

Quel est l’intérêt de cette reconfiguration du contrôle du corps féminin pour le PCC ? Est-elle (davantage) tournée vers l'intérieur (préservation de l'identité nationale, illusion de liberté, individualisme) ou vers l'extérieur (vitrine de la réussite des réformes économiques, marchandisation, rayonnement culturel) ?