China Youth Daily - Realistic Responses and Strategic Options for China after the Soviet Upheaval

China Youth Daily - Realistic Responses and Strategic Options for China after the Soviet Upheaval

par Kaiyuan Wang,
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Résumé :
Cet article est un rapport d’analyse stratégique, fondé sur l’examen de la situation actuelle et orienté vers la planification de l’avenir, rédigé par le département théorique du China Youth Daily dans le contexte de l’instabilité de la situation intérieure en Union soviétique après le coup d’État du 19 août 1991.

L’article analyse d’abord les factions actuellement existantes en Union soviétique ainsi que l’incertitude entourant l’évolution politique future et souligne que, dans un contexte où la situation politique sombrera à court terme dans le chaos et pourrait, à long terme, resurgir sous la forme d’un « chauvinisme », la valeur stratégique de la Chine se trouvera réduite et sa marge de manœuvre dans les jeux internationaux comprimée ; parallèlement, les courants de réforme radicale, les tendances au gel des réformes, ainsi que le séparatisme de certaines minorités ethniques et les forces en faveur de l’indépendance de Taïwan profiteront de l’occasion pour s’affirmer, plaçant l’entreprise de modernisation de la Chine dans un environnement particulièrement difficile.

L’auteur souligne ensuite que « la Chine n’est pas l’URSS » et démontre, sous plusieurs angles, qu’il existe des différences fondamentales entre la Chine et l’URSS, et qu’il n’y a aucune corrélation entre l’avenir de l’Union soviétique et celui de la Chine. Parallèlement, il attribue les causes profondes des bouleversements en Union soviétique et en Europe de l’Est à une pensée de « capitalisme utopique », rejette cette conception radicale qui néglige les facteurs objectifs, et avertit les Chinois qu’ils ne doivent pas tomber dans un piège similaire.

Enfin, l’auteur propose une série de contre-mesures : le Parti communiste chinois doit achever sa transformation d’un « parti révolutionnaire » en un « parti au pouvoir » et faire de la « stabilité » un dogme ; il doit maintenir le socialisme, en réinterprétant et en légitimant le « socialisme à la chinoise » ; renforcer le contrôle et la régulation de l’économie par le centre ; sur le plan culturel, il s’agit d’accroître la cohésion sociale ainsi que l’éducation au nationalisme et au patriotisme grâce à une transformation créative de la culture traditionnelle chinoise ; sur le plan de la gouvernance interne, le gouvernement doit à la fois lutter, par des moyens légaux, contre la corruption afin d’atténuer le mécontentement social, et réprimer sévèrement les activités illégales et destructrices pour maintenir la stabilité sociale ; enfin, sur le plan de la stratégie extérieure, la Chine doit se tourner vers une diplomatie réaliste centrée sur la défense de ses intérêts nationaux et œuvrer activement à la construction d’un espace économique ayant pour socle la sphère culturelle chinoise et les marchés asiatiques.

Réflexions et questions :

1.  À partir du moment où Deng Xiaoping devient le dirigeant suprême de la « deuxième génération », le Parti communiste chinois a, dans les faits, déjà renoncé à l’idéal de l’époque maoïste consistant à réaliser le communisme par des moyens destructeurs et révolutionnaires, pour se consacrer à la construction économique et à la modernisation. Avec, pour jalons, les sept lois adoptées en 1979 et la nouvelle Constitution promulguée en 1982, le PCC commence à engager la société chinoise sur la voie d’une reconstruction de l’État de droit. Mais pourquoi cet article rédigé en 1991 considère-t-il encore le Parti communiste chinois comme un « parti révolutionnaire qui ne s’est pas encore transformé en parti au pouvoir »  qui continue à « mener la construction sociale par des méthodes destructrices » ? Entre 1978 et 1991, y a-t-il eu des événements décisifs montrant que le PCC conservait une conception révolutionnaire de type destructeur et qu’il allait à l’encontre de l’esprit d’une gouvernance institutionnalisée ?

2.  Pourquoi cet article attribue-t-il les causes profondes de la dissolution de l’URSS à un « capitalisme utopique », et non pas seulement, comme le veut la logique traditionnelle, à la rigidité du système politique, aux déséquilibres structurels de l’économie ou encore à la crise idéologique ? C'est-à-dire, en quoi le « capitalisme utopique » dépasse-t-il ces facteurs et devient-il la « cause profonde » la plus fondamentale et la plus décisive de la crise d’effondrement qu’a connue l’URSS ?