Les politiques de civilité dans la Chine post-maoïste

Les politiques de civilité dans la Chine post-maoïste

par Chloe Brancourt,
Nombre de réponses : 2

Cet article est une contribution historique aux études des politiques de civilité en Chine, marquées en grande partie par la sociologie et l'anthropologie, lesquelles expliquent généralement ces politiques par la tentative d'adapter la société à la libéralisation de l'économie dans les années 1990-2000. Cet article, quant à lui, à travers l'analyse de la campagne des "cinq insistances, quatre embellissements" mise en place au début des années 1980, met en lumière une logique tout à fait différente pour rendre compte des politiques de civilité en Chine. En effet, dans le cadre de la sortie de la logique révolutionnaire initiée après la mort de Mao, les politiques de civilité étaient destinées à étouffer le potentiel révolutionnaire de la société qu'avait fait naître la Révolution Culturelle. 

  • Si, comme le montre l'article, les politiques de civilité dans la Chine post-maoïste sont multiples et qu'elles répondent à des logiques distinctes, existe-t-il tout de même une continuité entre les politiques des années 1980 et celles des années 1990-2000 ? Et si oui, en quel sens y aurait-il continuité ? 
  • Le pouvoir cherche, à travers la campagne de février 1981, à panser les rapports sociaux qui avaient été trop brutaux pendant la période précédente pour stabiliser la société, mais cette campagne a-t-elle été effective ? Les rapports sociaux se sont-ils réellement améliorés par la courtoisie, et plus encore, cette campagne a-t-elle réussi à contenir les élans brutaux des individus ? 
  • Enfin, la campagne aurait ciblé principalement l'espace urbain et non rural. Quelles en sont les raisons ? 
En réponse à Chloe Brancourt

Re: Les politiques de civilité dans la Chine post-maoïste

par Victor Marietti,
Questions :

- Que sait-on sur les « politiques de civilité » (de la campagne WJSM notamment) dans d’autres villes en Chine, comme Pékin par exemple ?
- Existe-t-il d’autres campagnes de mobilisation lancées par les dirigeants qui traitaient plus spécifiquement des campagnes ?
- Que peut-on dire sur la réception de ces campagnes par la population ? Et quelles méthodes peut-on adopter pour avoir accès à cette réception (mémoires ? entretiens avec des membres d’anciennes danwei ? archives de district ?...) Votre article est plus succinct sur cette question.
En réponse à Victor Marietti

Re: Les politiques de civilité dans la Chine post-maoïste

par Joan Gipoulou,
Quelques questions :

-Pour cette génération de jeunes chinois, ces "gardes rouges", que la campagne WSJM vise tout particulièrement, et qui a construit sa culture politique par la pratique (celle de la lutte dans l'espace public) au cours de la Révolution culturelle dans une forme de camaraderie, est-ce que ce basculement vers une responsabilisation de l'individu dans le maintien de la paix sociale et cette "dépolitisation" du quotidien n'a pas été source de frustrations ? (vous l'évoquez rapidement). Est-ce qu'on pratique encore la politique (même si toujours dans un cadre non démocratique), si oui, où, et si non, quels sont les effets de ce changement ? La répression du "mur de la démocratie" a-t-elle été si efficace ? Qu'en est-il de la camaraderie ? Est-ce que le régime propose d'autres alternatives, dépolitisées, comme le sport, ou est-ce qu'on remarque une croissance des effectifs militaires par exemple ?

-Peut-on faire une étude sociologique des membres du "Bureau de la civilisation", et déceler quels pans de la société chinoise sont prêts non seulement à soutenir ses politiques de civilité, mais à contribuer à leur application (enforcement) ; ce qui nous révèlerait si ces politiques ont oui ou non correspondu à des attentes plus ou moins fortes et cela selon quels groupes sociaux,

-En ce qui concerne la sphère familiale : quoi faire de la maigreur des consignes (respecter et bien traiter ses ainés et les femmes), malgré la mise en place d'une surveillance, et de la question de la parentèle, la famille élargie. J'aimerai émettre une hypothèse, sans fondement aucun par ailleurs. Les relations au sein de la famille élargie (entre cousins par exemple) si elles sont un angle mort des campagnes, témoignent-elles par ce fait d'une certaine compartimentation de la violence politique, pendant la Révolution culturelle et depuis la création des "étiquettes de classe", à certains champs du corps social. On n'a pu voir par exemple dans le cas de la guerre civile espagnole, des antagonismes se créer au sein des familles entre républicains et franquistes. Or, en Chine communiste, les étiquettes sont héritées, et le positionnement politique est généralement assigné, et non pas choisi. En somme, peut-on voir en creux, quels sont les zones du tissu social qui ont été les plus brutalisées sous la période Mao, même si ces zones peuvent s'entrecouper et que les querelles peuvent se diffuser.