Bernstein, "Resilience and Collapse"

Bernstein, "Resilience and Collapse"

par Jean Bartholin,
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Un texte agréablement écrit qui met en rapport l'action de Gorbatchev et de Deng, deux dirigeants communistes dont les réformes devaient donner une nouvelle impulsion à des régimes à bout de souffle ou au moins en perte de vitesse. L'auteur propose une synthèse efficace des causes qui ont précipité la chute de l'URSS alors que le PCC a su redresser son économie tout en verrouillant la sphère politique. 

J’aurais aimé qu’il creuse certains aspects ou justifie certains de ses partis pris : 

  • Il me semble que les situations respectives des deux pays au moment de l’arrivée au pouvoir de Gorbatchev et de Deng sont tout de même extrêmement différentes, ce qui rend l’exercice d’une comparaison un peu délicat. 
  • Les systèmes politiques en question sont extrêmement personnalisés, mais ne sont pas réductibles à Deng et Gorbatchev. L’article s’attarde beaucoup sur ce dernier quand il traite de l’URSS. 
  • Les pays en question sont immenses et constituent des ensembles hétérogènes d’un point de vue démographique, économique, géographiques, nationaux… 

Mais l’article est déjà riche et ne pourrait de toute façon jamais épuiser son sujet. 

Si je devais poser une question, ce serait celle-ci : est-ce que la chute d’un régime n’a pas renforcé la légitimité de l’autre ? Comment est-ce que cela a infusé les discours du PCC, quel traitement en a-t-il fait ?

En réponse à Jean Bartholin

Re: Bernstein, "Resilience and Collapse"

par Elaine Le Guerinel,
Cet article dépeint clairement les différences entre les leaders - Gorbatchev et Deng - et leurs politiques, expliquant en partie le déclin de l'URSS et la résilience de la Chine : libéralisation ou non, et focus sur des enjeux politiques et sociaux différents (économique / militaire et policier / politique...). La question de l'agriculture - défi de première ligne pour l'un comme pour l'autre - y est abordée sous deux angles, artisanal et industriel, montrant que l'URSS n'aurait pu reproduire la politique économique choisie par Deng.
Le choix de la libéralisation ou non est, en mon opinion, digne de questions supplémentaires : l'URSS a-t'elle emprunter la bonne voie en libéralisant et démocratisant le pays, afin de faire un pas vers l'Ouest et de stabiliser leurs relations, au dépens in fine de son intégrité territoriale ? Bien que la Chine ait conservé son territoire intègre, en faisant le choix, jusque ce jour, de réprimer toute contestation populaire indépendantiste ou libérale - Tienanmen, les Ouïgours, les Tibétains - ne s'est-elle pas enfermée dans un régime stable mais stagnant et contesté ?