Guoqing Song - Dealing with Victims of the Cultural Revolution, The Case of Guangxi, 1983–1987

Guoqing Song - Dealing with Victims of the Cultural Revolution, The Case of Guangxi, 1983–1987

par Faustine Bruckert--Demozay,
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Ce chapitre traite de la gestion de l'héritage de la Révolution culturelle, particulièrement dans la province du Guangxi.

Deux vagues de justice se succèdent.

1972-1982 : Le discours est contrôlé par les anciens dirigeants de la Révolution culturelle. Les violences sont présentées comme des excès de factions rivales, non comme des crimes d’État.

1983-1987 : Un nouveau discours émerge, porté par l’arrivée de nouveaux cadres régionaux, encadrés par le pouvoir central. La période est désormais qualifiée de « désastre politique ».

Les victimes sont progressivement réhabilitées, y compris celles issues des « Quatre catégories ». L’État admet implicitement sa responsabilité. Cependant, la réhabilitation est conçue comme un acte de bienveillance, non comme un droit inhérent aux victimes. Elle relève d’une justice politique et symbolique, non d’une justice juridique. L’État attend des victimes qu’elles expriment leur gratitude et loyauté : la réhabilitation devient un instrument de fidélisation. En promouvant la stabilité sociale et une politique de réconciliation, le Parti cherche avant tout à refermer le passé et restaurer sa légitimité.

De plus, le programme « Shanhou » est mis en place. Il contient :

- une aide financière limitée par les ressources de l’État ;

- une restitution de biens restreinte par le manque de documentation et la résistance locale ;

- un travail idéologique invitant les familles à accepter les aides et à renoncer aux revendications jugées « excessives ».

Ce dispositif agit comme une extension de la réhabilitation, non comme une réparation ou une compensation.

Certaines familles peinent, voire refusent les aides, les jugeant dérisoires face à leurs pertes. D’autres acceptent par nécessité, lassitude ou peur. Les traumatismes demeurent, tout comme la crainte d’un retour de la stigmatisation ou d’une nouvelle persécution.

Y-a-t-il justice réparatrice sans reconnaissance explicite de culpabilité ?

Y-a-t-il justice transitionnelle sans adhésion réelle des victimes ?

Qu’en est-il aujourd’hui de cette justice symbolique et de la mémoire des victimes ?