“Dealing with Victims of the Cultural Revolution”

“Dealing with Victims of the Cultural Revolution”

par Lea Reneux,
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Le chapitre “Dealing with Victims of the Cultural Revolution” analyse la façon dont les autorités chinoises ont traité la question des victimes de la Révolution culturelle, tout en se concentrant sur le cas des massacres dans la province du Guangxi et sur le long et lent processus de réhabilitation mené de 1983 à 1987. Ce document montre qu’avant 1983, l’État chinois n’a jamais reconnu sa responsabilité dans les atrocités commises. L’auteur fait remarquer tout de même une évolution dans les discours officiels, qualifiant les massacres d’« erreurs » ou de « problèmes pratiques »  puis évoquant une réhabilitation morale et matérielle limitée après 1983, sans toutefois que l’État ne reconnaisse sa part de responsabilité dans la mort d’innocents. Le chapitre souligne également que la réhabilitation et le programme « shanhou » en particulier, ont été instrumentalisés par le Parti communiste. En effet, Guoqing Song montre que ces mesures visaient moins à rendre justice aux victimes qu’à restaurer la stabilité sociale, intégrer les familles touchées dans le projet de modernisation économique et ainsi préserver l’image du Parti. Guoqing Song souligne que les compensations financières sont en réalité plus perçues comme des aides humanitaires pour soulager la pauvreté qu’une réparation des crimes du passé. En effet, les autorités chinoises refusaient le terme d’« indemnisation » par peur de revendications infinies menant à l’effondrement budgétaire du pays. Enfin, le document souligne tout de même une évolution, depuis la mort de Mao Zedong, du processus de réhabilitation tel que l’élargissement des critères d’éligibilité, les victimes d’État n’étaient plus reconnues selon leur statut social, ou classe politique mais selon le degré de souffrance, comme c’est le cas pour les « Four Types », à savoir les propriétaires terriens, paysans riches, contre-révolutionnaires et mauvais éléments. Selon l’auteur, l’objectif n’était pas de reconnaître les crimes commis sous la gouvernance de Mao Zedong mais d’effacer les événements passés qui entachent l’image du Parti et de tourner la société vers l’avenir. Ainsi, l’article met en lumière une politique de réhabilitation sélective et instrumentalisée même après la mort de Mao en 1976, où la reconnaissance des victimes est subordonnée à la stabilité politique et à la légitimité du Parti communiste chinois.